Quand les enfants prennent leur envol…

Quand les enfants prennent leur envol…

Sophie Davant se confie sur le départ prochain de ses enfants, qui quittent bientôt le foyer…

Sophie Davant se confie sur le départ prochain de ses enfants, qui quittent bientôt le foyer… Comme beaucoup d’entre nous, elle est partagée entre sentiment du devoir accompli, joie de les voir s’épanouir et syndrome du nid vide.

Cet été, pour la première fois, mes enfants, Nicolas, 23 ans, et Valentine, 20 ans, ne m’ont pas rejoint sur mon lieu de vacances. Chacun vaquant à ses occupations : mon fils est parti rejoindre une copine pour un « road trip », comme il dit ! Ma fille a choisi d’encadrer des enfants dans son club équestre pendant deux mois.

Le moment tant redouté est arrivé ! Partagée entre la joie et la mélancolie, j’accueille cet état de fait. Je vais devoir renoncer aux délicieux moments de complicité que je partage avec eux, dans cette période de liberté où je peux leur consacrer mon temps sans compter. En même temps, je suis fière de les voir prendre leur envol et gagner en autonomie.

Ces dernières années, nous vivions tous les trois sous le même toit depuis que, leur père et moi, avons décidé de nous séparer. Cet automne, ils souhaitent prendre chacun leur indépendance. Je redoute ce moment, bien sûr ! Mais pour être tout à fait honnête, je dois vous avouer (avec certes un brin de culpabilité !), que la cohabitation avec les jeunes adultes qu’ils sont devenus, s’avérait par moment difficile : entre la petite robe que je passe des heures à chercher, en retournant tous mes placards, et que je finis, enragée, par retrouver dans l’armoire de ma fille, les platines de mon fils que je suis obligée de pousser pour pouvoir poser un joli bouquet de pivoines blanches, et les copains que je retrouve avachis sur mon canapé quand je rentre harassée du boulot et que j’ai envie de calme…, je ne me sens plus vraiment chez moi !

Ils vont me manquer c’est sûr ! Mais, depuis toujours, je sais qu’on n’élève pas ses enfants pour les garder près de soi, mais, au contraire, pour leur donner les moyens de se jeter avec gourmandise dans le grand bain de la vie. Toute mère sait qu’il est compliqué de faire la part des choses entre le souhait de voir sa progéniture s’épanouir et la satisfaction d’un désir personnel plus égoïste.

Les invitées que j’ai reçues dans mes émissions, qui ont tout investi dans leur statut de mère, oubliant la femme en elles, se retrouvent, à ce moment précis où les enfants manifestent leur désir d’autonomie, terrorisée à l’idée que leurs petits quittent la maison et les abandonnent à leur solitude. C’est le fameux syndrome du « nid vide ». Ce départ les prend souvent de court et certaines basculent dans une véritable déprime. Il y a une sorte de deuil associé à cette étape, et les sentiments de tristesse et de désarroi sont légitimes.

En ce qui me concerne, j’espère contourner cet écueil, en me disant que ma vie de femme repose sur d’autres centres d’intérêts que mon seul statut de mère. Et qu’au contraire, je vais enfin pouvoir prendre plus de temps pour moi, et me réaliser autrement. Programme sympathique, non ? Et puis, je ne voudrais pas alourdir mes enfants avec mes angoisses ou ma tristesse, au moment où ils sont prêts à prendre leur envol : ils ont plus que tout besoin de mon soutien, de mes encouragements.

Le psychanalyste Carl G.Jung insiste sur un point essentiel : « le plus grand fardeau qu’un enfant puisse porter est la vie non vécue de ses parents. » Je vais essayer de résister à mon instinct de vouloir les protéger, remédier à tous leurs problèmes, pour les laisser faire leurs expériences, mêmes douloureuses. Je serai toujours là, pour eux, mais différemment… à distance! Et je vais m’appliquer à leur démontrer que la vie ne s’arrête pas sans eux !

Sophie Davant

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Réponse à Sophie

0651082545 09/12/2016

J'ai connu ça aussi comme vs Sophie qd ma fille de 20 ans est partie s'installer avec son copain et peu de temps après c'est son frère qui a quitté le cocon familial à 25 ans pour prendre son indépendance et avoir son 1er appart! Je les ai élevés seule et j'ai ressenti un vide immense je pleurais souvent mais je leur montrais pas j'étais heureuse pour eux mais qu'est ce que ça fait mal!! Mais paradoxalement j'avais retrouvé une certaine liberté et je pouvais avoir ma vie à moi!

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