" Vieillir c'est s'alléger " : l'interview de Sophie Davant

Voilà une jeune quinqua épanouie et souriante, heureuse de partager ses interrogations comme ses convictions.

Journaliste animatrice de télévision et auteur de plusieurs livres, Sophie Davant fait le point sur le cap de milieu de vie.

Victoria : En 2015, vous avez écrit Le Journal d’une quinqua. Quelle réflexion vous y avait incitée ?

Sophie Davant : En 2006 avec Christophe Fauré, un ami psychiatre, j’avais écrit Au-delà, grandir après la perte, livre dans lequel je revenais sur le décès de ma mère, disparue d’un cancer à 44 ans, lorsque j’avais 20 ans. Nous avions mis en parallèle mon histoire et les différents processus psychologiques traversés lors d’un deuil. J’ai eu envie de renouveler l’expérience et de parler de cette transition de milieu de vie, où j’avais tout pour être bien et épanouie dans la vie et, où, pourtant, je ressentais des manques, avec des interrogations et des doutes. Nous passons la moitié de notre vie à nous construire par rapport au regard des autres, en fonction de ce que la société attend de nous, et arrive un moment, souvent entre 45 et 55 ans, où l’on s’interroge sur le bien-fondé de notre propre personnalité. Le psychanalyste Carl Jung a nommé cela le processus d’individuation. J’ai donc exploré tous ces domaines de vie, familial, professionnel, amical, spirituel, et nous avons essayé de creuser pour que mon histoire et son interprétation psychologique par Christophe Fauré puissent renseigner les autres et donner des clés aux lectrices.

V. Comment avez-vous vécu cette entrée dans le club des «?quinquas?» ?

S.D. Un passage compliqué entre le moment où l’on se pose les questions et celui on l’on tente d’y répondre, il peut parfois se passer plusieurs années. Dans certains domaines, je n’ai pas trouvé toutes les réponses. Cela fera l’objet d’un nouveau livre?* à paraître en 2017, où nous allons nous intéresser à ces phases de doutes, d’interrogations et de faiblesses, et creuser ces zones d’ombre pour tenter d’en faire des forces. C’est la vie, cela concerne tout le monde, et les femmes pourront s’y projeter et s’y reconnaître.

V. L’âge, c’est aussi la maturité. Qu’avez-vous abandonné avec plaisir??

Sophie Davant

S.D. Ce que j’essaye d’abandonner, mais c’est un travail de longue haleine, c’est le manque de confiance en moi. Pouvoir être en possession de mes ressources, de mes capacités, sans redouter le regard et la validation des autres. Et puis, je me suis aussi beaucoup perdu dans des futilités, à consacrer du temps et de l’énergie pour des choses et des gens qui n’en valaient pas la peine. J’ai envie d’alléger un peu ma vie, d’aller à l’essentiel. Vieillir, c’est s’alléger.

V. Une journée se libère soudainement?: que faites-vous ?

S.D. J’accueille cela avec joie et ravissement?! Parce qu’il y a des moments où nous avons besoin de nous laisser un peu aller, de mettre notre cerveau en jachère. Dans ces cas-là, je vais marcher ou nager. Être face à moi-même pendant deux ou trois heures, pour faire le point, comme une forme de méditation, et laisser mes pensées s’écouler. Ou voir mes amies, aller voir un film, une expo, me plonger dans un livre. J’ai besoin de me nourrir d’art, de culture, de beauté. C’est mon côté un peu esthète, j’aime les jolis vêtements, les belles matières, la qualité.

V. Un conseil à une amie qui fête ses 50 ans??

S.D.. D’abord, de les fêter avec les gens qu’elle aime?! Et puis, de ne pas s’arrêter au temps passé, mais de s’ouvrir au champ des possibles pour regarder tout ce vécu comme un terreau où va fleurir l’avenir. C’est un âge où l’on a appris à se connaître et à faire la part des choses entre ses capacités, ses forces et ses faiblesses : le bon moment pour bander son arc, avec les meilleurs atouts pour viser juste.

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La belle vie a 50 ans

Coco 17/02/2017

J'ai 53 ans et je n'ai jamais été aussi heureuse que ces dernières années, j'ai changé de vie, d'amour, de ville, je vais bientôt me remarier, je tiens un blog pour les quinquas et je m'amuse comme une folle. Profitez de la vie les quinquas et ne vous prenez pas la tête!!!

merci Sophie

Coco 06/09/2016

votre regard sur la cinquantaine est tout à fait juste .regard en arrière ,c e qui est fait est vécu ,avec du bon ,du moins bon,des joies , de très de gros chagrins ,ce qui aurais pus être faire ou pas . la vie était tracée comme elle est vécue à nous de la changée ou pas .merci Sophie d' avoir ouvert votre Coeur

Janine

janine 41 02/09/2016

merci à Sophie pour ce qu'elle est, jolie et intelligente. Ses conseils sont toujours pertinents, je ne m'en lasse pas !

on a toujours le choix

monique 01/09/2016

Il y a 5 ans, cancer de l'intestin. Après opé.et chimio j'ai réalisé que nous ne sommes pas éternels mais je suis en vie et je vois grandir mon petit fils. J'habite à la campagne, je fais marches avec voisine devenue amie (inutile d'en avoir pleins : une à qui se confier et qui se confie à vous suffit). loisir qui ne coûte rien et qui apporte beaucoup au moral comme au physique. J'adore lire (bibliothèques municipales presque gratuites) et quel plaisir d'avoir des horaires libres

Après 50ans

desco...riestoutca 31/08/2016

Bien vieillir, c'est comme bien vivre. Il faut avant tout avoir la santé et quelques moyens financiers. Sans les deux, pas trop d'amis, pas trop de vacances où pas du tout, on compte tout, c'est à dire que l'on vit au compte gouttes. Je parle en connaissance de cause. Qu'on ne vienne pas me dire le contraire, car l'on pas égaux comme le prétendent certains.

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